Byssus

Histoire et Caractéristiques:

Historique :

Appelé « soie marine » ou « soie des rois », le byssus est une fibre naturelle fabriquée par la moule pour s’accrocher à un support. Le byssus tire sa réputation d’une tradition qui remonte aux grandes civilisations de l’Antiquité peuplant le bassin méditerranéen : la production de soie marine. Après être lavés, séchés, peignés, filés et trempés durant vingt-quatre heures dans un jus de citron pour leur conférer un éclat, les fils de byssus, de couleur bronze, servaient à confectionner ou à broder les vêtements (robe, gants, bas, bonnets, linge, etc.),  des plus hauts dignitaires politiques et religieux. L’industrie de ce fil luxueux d’une extrême légèreté, était liée à la culture de la Pinna nobilis, une espèce endémique du bassin méditérranéen aussi appelée «  grande nacre ». Environ mille moules étaient nécessaires pour obtenir trois cents grammes de fils! Mais sa récolte a progressivement disparu au fil des siècles et très rare sont aujourd’hui les ateliers qui travaille encore cette matière. Seule une artisane de Sardaigne, Chiara Vigo, file et tisse encore le byssus pour faire perdurer ce savoir-faire dont elle a hérité de son grand-père. Le byssus est donc un véritable tissu.

Propriétés :

Les propriétés adhésives naturelles du byssus intéressent aujourd’hui les chercheurs en biomatériaux notamment dans le domaine médical. La particularité physique des fibres du byssus tient au fait que, pour pouvoir absorber l’énergie des vagues et s’ancrer solidement au milieu, elles sont très riches en élastine et en collagène. Elles conjuguent par ce fait, dureté et extensibilité et résistent ainsi à un étirement de 100 % de leur longueur sans se fissurer.

A y regarder de plus près, le byssus est en fait la colle la plus puissante au monde : elle résiste aux UV, au sel, aux hautes et basses températures, elle est très résistante et surtout colle sous l’eau. Ceci est permis grâce au phénomène de micro-ventouses. De plus, c’est une colle qui ne pollue pas.

Potentiel :

Si cette soie était améliorée et considérée à sa juste valeur, le byssus deviendrait alors un véritable matériau. Grâce aux moyens modernes dont nous disposons et aux progrès de la recherche, la fabrication de fibres optiques, d’emballages biodégradables, de prothèses osseuses ou encore de fil pour refermer les plaies (le byssus étant la matière la plus performante au monde dans ce domaine) serait possible.

L’entreprise

Responsable et Visionnaire :

La Maison Tarbouriech située à Marseillan au bord de l’étang de Thau, conchyliculteur et leader de la production de moules et d’huîtres haut de gamme en France, se distingue par une politique de qualité à travers des démarches d’amélioration continue au service de ses produits et des consommateurs mais aussi par des efforts constants en matière d’innovation, de développement durable et d’économie circulaire. C’est pourquoi elle s’intéresse au byssus de moules comme une matière renouvelable pouvant s’intégrer dans la conception de nouveaux produits.
En effet, le byssus a trop longtemps été considéré comme un simple déchet conchylicole au même titre que les coquilles d’huitres et de moules ou encore les cordes nécessaire à la culture immergée.

Le projet

Recherche et Collaboration :

Mais alors, comment valoriser les déchets conchylicoles ? Telle est la question que se pose Florent Tarbouriech au quotidien dans sa quête de développement durable depuis le début de son aventure. Le lancement du projet de recherche concernant le byssus est l’aboutissement de rencontres successives et fructueuses entre Florent Tarbouriech, directeur de la Maison Tarbouriech, et plusieurs professionnels de l’art. 
Des réflexions et des expérimentations, en prenant le byssus en tant que matière première, ont été menées durant tout un semestre de 2011 à 2012 en collaboration avec 25 étudiants de 4e année de l’Ecole Supérieure d’Art de Saint-Etienne, option design.
Celles-ci se poursuivent depuis au sein du laboratoire Prod’IA.

 

Ambitions

Résultats et Aspirations :

Fortement engagée dans une démarche d’éco-conception, la Maison Tarbouriech a la volonté de valoriser les nombreuses propriétés du byssus dans la création de produits innovants et respectueux de l’environnement; mais aussi la matière brute en tant qu’objet d’art. 

Grâce à la valorisation des biomatériaux tels que le byssus, des papiers de création destinés aux artistes ont été mis au point.

Mais les ambitions de l’entreprise ne s’arrêtent pas là : des résultats prometteurs sont enregistrés dans l’élaboration de tissus techniques, ciment, de matériaux propres à l’ameublement et à la décoration, ou encore dans les cosmétiques.

Nos premières tentatives de création avec le byssus recyclé

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